Growth Road AfCFTA2100 (en français : Route de croissance ZLECAf
2100) est un Plan d’appui stratégique pour le rattrapage et l’expansion
géoéconomique de l’Afrique à l’horizon 2100. Ce Plan définit cinq
orientations stratégiques clés pour des programmes-cadres africains
ciblant le rattrapage des retards de développement de l’Afrique, ainsi
que la dimension spatiale des économies, avec en perspective des axes
d’intégration des mécanismes de croissance endogène. Il offre aux pays
participants une programmation spatiale de la croissance qui intègre
l’environnement local, national, infranational, régional, infrarégional,
interrégional et mondial. Chaque pays dispose alors d’un marché à sept
composantes permettant de valoriser les ressources dans sept
directions différentes. Les politiques du Plan reposent sur des études
d’attractivité visant à déterminer les facteurs de croissance spécifiques
à chaque pays, et à maitriser leur mobilité géoéconomique et
stratégique. Dans cette optique et compte tenu des spécificités
économiques des pays, le plan propose un système de spécialisation et
des indicateurs de spécialisation attachés à aux 7 composantes du
marché. De plus, il encourage la mise sur pied des politiques de gestion
géoéconomique des facteurs fixes essentiels que sont la terre, la mer et
l’espace. Il s’agit d’opérations d’organisation rigoureuse des territoires
et de viabilisation efficiente du capital spatial.

C’est principalement cet aspect du Plan qui indique un cadre déterministe
guidant les processus de gouvernance et de production sous un angle
scientifique et programmatique. Conformément aux régimes
d’accumulation établis par les cinq programmes-cadres du Plan, les
externalités pour chaque pays participant sont portées par les économies
d’agglomération, en rapport avec des types d’activités localisées dans les
zones urbaines, périurbaines et rurales. L’ampleur de ces externalités
dépend également des mécanismes de croissance endogène, en liaison
avec les facteurs de production et le capital spatial. La stratégie de
croissance du Plan s’appuie, dans un premier temps, sur les chaînes de
valeur mondiales et régionales liées aux ressources agricoles, halieutiques,
sylvicoles, extractives, aux biens manufacturés, aux services, aux activités
innovantes... et dans un second temps, sur les secteurs à forte intensité en
capital humain, tels que l’éducation, la défense et la sécurité, la
technologie, la R&D, la santé, les services financiers, les activités
artistiques et créatives, le secteur juridique et bien d’autres encore.
Compte tenu du risque persistant de pénurie de liquidités extérieures dans
la région africaine, de l’alourdissement de la dette publique des pays
africains, de la faible diversification des portefeuilles financiers africains et
de ce que la valeur des actifs financiers détenus par les Institutions
africaines de développement est inférieure à 3 % par pays (selon le
Rapport Africa’s Pulse 2024), le Plan suggère un programme de
financement qui, à part les mécanismes de financement traditionnels,
englobe certains types de dépenses publiques telles que le financement
desinfrastructures, de la décentralisation, de l'éducation, de la santé et de
la R&D. Cette mesure vise notamment à consolider la résilience budgétaire
publique, afin de relâcher les conditions financières tendues, et de libérer
le potentiel d’investissement et de financement du secteur privé.